Portrait

Audrey Marnay

Le rêve d’une Pagode

Texte : Olivier Bauer Photos : Gilles Leimdorfer

Mannequin star des années 1990 et 2000, Audrey Marnay a été immortalisée par les plus grands photographes. Entre shootings et défilés, la jeune femme s’est longtemps évadée au volant de sa Pagode 280 SL. Rencontre avec une amoureuse de la mode et de Mercedes.

Une première voiture de légende

Ce matin-là, les mouettes dansent autour des statues du Jardin des Tuileries. Face à ce spectacle improvisé, amusée, Audrey Marnay déambule entre les fauteuils Tulip de LouLou, le très chic restaurant du Musée des Arts Décoratifs. Rendez-vous lui a été donné pour un portrait décalé. La séance photo n’est qu’une formalité pour celle qui a passé près de quinze ans sur les podiums des défilés. Gracile, élégante, le charme opère. À peine assise, elle rembobine le fil :
« En 1998, je vivais à New York. Un jour, je me balade et j’aperçois au fond de l’allée d’un garagiste, une voiture couleur crème au toit noir. Elle m’a appelée, nous sommes tombées amoureuses. C’était une Mercedes Pagode 280 SL de 1971 ! » Éclat de rire, fin de l’histoire. Tout juste majeure, le top model n’a pas encore son permis.

Une vocation née par hasard

Née à Chartres en 1980, fille unique, Audrey a grandi avec une farouche volonté de liberté. La collégienne cherche à gagner un peu d’argent pour s’acheter un vélomoteur, synonyme d’indépendance. Un jour, un peu au hasard, elle frappe à la porte d’une agence de mannequins. On lui demande son book, elle présente sa Carte Orange (ex-Navigo). Une carte de transport qui l’emmènera au bout du monde. Audrey Marnay a travaillé avec les plus grands photographes. « Steven Meisel a notamment joué un rôle essentiel au début de ma carrière. » Audrey s’impose rapidement dans ce milieu très concurrentiel. Elle devient l’égérie du parfum L’air du Temps de Nina Ricci, pose pour Herb Ritts dans le Calendrier Pirelli et est bookée sur tous les défilés.

Audrey Marnay

Mannequin, actrice et créatrice de mode, Audrey Marnay vit à cent à l’heure.

Un métier riche en émotions

Quand on lui demande ce qui fascine dans le monde du mannequinat, elle répond avec franchise : « C’est le mystère, les gens ignorent l’envers du décor. » Un monde où la beauté peut être synonyme de jalousie et où défilé rime parfois avec larmes et émotions : « J’ai défilé pour la première fois le jour de mes 15 ans : le 14 octobre 1995. Je me suis effondrée en larmes, en backstage, après mon 1er passage. À quelques mètres de moi se tenaient Linda Evangelista et Naomi Campbell… » Des larmes qui coulent aussi lorsque, quelques années plus tard, sous les applaudissements, elle porte la robe de mariée lors du premier défilé Haute-couture de Jean-Paul Gaultier.

De top-model à actrice

La frontière qui sépare l’appareil photo de la caméra est parfois ténue. Après avoir suivi des cours d’art dramatique à New York puis à Paris, elle débute au cinéma dans le film Bunker Paradise de Stefan Luberski. Elle est ensuite au générique de Mon meilleur ami de Patrice Leconte et de Paris de Cédric Klapisch. Le multi-primé Raul Ruiz lui propose aussi de jouer le personnage de Léonore, un fantôme solitaire et silencieux dans le très beau et surréaliste La Maison Nucingen. Peut-être son plus beau rôle. Mannequin, actrice mais aussi créatrice de mode, Audrey Marnay continue d’enchaîner les activités. Sa vie est toujours rythmée entre deux aéroports. À toute vitesse.

Pilote et ambassadrice Mercedes-Benz

« J’adore conduire. J’ai d’ailleurs eu la chance de faire un rallye en Corse à bord d’une Mercedes-AMG GT S : 350 km/jour pendant 4 jours ! 10 000 virages et une Spéciale de 50 kilomètres ! Un pur bonheur ! » Au quotidien, la jeune femme, mère de trois enfants, roule au volant d’une Classe A 200d 4MATIC. « Verte, ma couleur préférée ! »  Fidèle à Mercedes-Benz depuis sa jeunesse, elle en est devenue l’une des ambassadrices France. « Parce que Mercedes-Benz peut se définir en 5 mots : liberté, classe, luxe, confort et sécurité. » Avant de repartir, on l’interroge sur sa belle Pagode 280 SL couleur crème : « Je suis en train de m’en séparer », confesse-t-elle avec tristesse. « C’est difficile mais je dois lui rendre sa liberté. Enfin, j’ai déjà refusé plusieurs offres… »