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PANDORA, une histoire éthique

Pandora se veut vertueux pour son personnel et l’origine de ses ressources.

TEXTE : OLIVIER BAUER // PHOTOS : PANDORA (PR)

En quelques années, le groupe danois Pandora a imposé ses créations dans l’univers de la bijouterie fantaisie. Cette réussite s’inscrit aujourd’hui dans une démarche éco-responsable. Découverte d’une marque qui se veut éthique.

Un petit cœur, une girafe, une Tour Eiffel ou la figurine du Roi Lion, ces pendentifs inondent aujourd’hui le marché de la bijouterie. En créant ces bracelets agrémentés de leurs charms personnalisables, Pandora donne l’impression de s’offrir un bijou unique. Pour la fête des mères, un anniversaire ou la Saint-Valentin, le catalogue de la marque propose une liste de plus de 700 charms ! Si certains ont pensé que ces créations n’étaient qu’un effet de mode, l’engagement éco-responsable et la multiplication des produits Pandora en ont fait un acteur incontournable de l’univers de la bijouterie, comptant désormais plus de 8 100 points de vente (flagship, boutiques, corners, concept stores) à travers le monde. Cotée à la Bourse de Copenhague, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 3,1 milliards d’euros en 2018.

 

De la Thaïlande au monde entier

Troisième marque de bijoux au monde derrière l’américain Tiffany & Co. et le français Cartier, le groupe Pandora est aujourd’hui implanté dans plus d’une centaine de pays. Pourtant, en 1989, lorsque Per et Winnie Enevoldsen se rendent en Thaïlande à la recherche de bijoux, leur petite boutique de Copenhague n’est pas plus grande qu’une boulangerie. Impressionné par la maîtrise et les traditions artisanales locales, le couple décide à son retour de créer un petit atelier à Bangkok. Là, quelques employés commencent à confectionner une gamme relativement simple mais très créative. Rapidement, l’équipe se renforce et augmente sa production. Jouant sur des prix abordables, le succès de Pandora n’en est alors qu’à ses prémices…

 

Avec près de 13 000 salariés sur place, l’entreprise danoise est aujourd’hui le troisième plus important employeur de Thaïlande. La production est répartie sur deux sites : au sein d’une usine à l’architecture ultra-moderne construite en 2015 à Lamphun, près de Chiang Mai, et dans les ateliers historiques de Gemopolis, aux environs de Bangkok, où de nouvelles unités de production ont été ajoutées en 2018. Ces dernières années, le groupe a ainsi imaginé des bâtiments de production entièrement tournés vers le développement durable. Tous bénéficient aujourd’hui du label LEED Gold (Leadership in Energy and Environmental Design) qui permet d’évaluer à la fois l’impact et la performance environnementale des édifices.

 

Faire évoluer les pratiques

Cette démarche éco-responsable a également entrainé la compagnie scandinave à nouer des partenariats forts parmi lesquels un engagement auprès du Responsible Jewellery Council (RJC) et une adhésion active au Global Compact des Nations Unies, une initiative qui rassemble entreprises, organisations et acteurs de la société civile autour de principes universellement reconnus pour fonder des sociétés plus stables et inclusives. L’initiative de Pandora, l’un des leaders mondiaux du bijou fantaisie, lui permet aujourd’hui d’être un membre actif dans l’évolution des pratiques dans un univers où ces dernières ont longtemps été peu vertueuses. Les ateliers d’artisanat de Pandora fonctionnent désormais avec un système de gestion intégré certifié conforme aux normes sur la qualité, l’environnement et la santé au travail.

 

« En tant qu’acteur majeur dans l’industrie de la bijouterie, nous avons une véritable responsabilité à mettre en place une chaîne d’approvisionnement plus responsable » soutient Delphine Medaouri, la directrice générale France de Pandora. Cette démarche touche autant le personnel en Thaïlande que ses conditions de travail. Bien que se trouvant à des milliers de kilomètres des boutiques d’achat, très loin du regard des consommatrices, les employé(e)s de Lamphun et de Gemopolis bénéficient d’un cadre et de conditions privilégiées : air conditionné, salles de repos et d’allaitement, congé maternité et horaires adaptés, bus à énergie verte, etc. D’après ses responsables, la grille de salaire commencerait à 25 000 baths (700 €) dans ses usines alors que le salaire minimum du pays n’est que de 10 000 bahts (environ 280 €). Désigné « Meilleur Employeur de l’Année » par le magazine Jewellery News Asia en 2014, le groupe revendique que 80% de ses managers en Thaïlande sont des femmes. Pandora se veut vertueux pour son personnel et l’origine de ses ressources.

 

Des matériaux traçables et recyclés

En 2018, tous les grains d’or traités par la firme provenaient ainsi de sociétés de raffinage agrémentées. L’or utilisé devant être certifié sans conflit conformément à la liste « Good Delivery » établie par la London Bullion Market Association (LBMA) et à la chaîne de traçabilité mise en place par la Responsible Jewellery Council (RJC). Désormais, 100% des grains d’or utilisés dans les bijoux proviennent de matériaux recyclés. « L’an dernier, 88% des grains d’argent provenaient de matériaux recyclés comme les pièces de monnaie », rappelle Delphine Medaouri. Une nouvelle certification pour l’argent doit être mise en place d’ici la fin de l’année mais tous nos fournisseurs de grains d’argent sont dès à présent certifiés RJC ou LBMA. »

 

L’utilisation de matériaux recyclés limite l’impact environnemental. Selon les chiffres de la société danoise, quelque 40 000 bracelets et 200 000 charms sont vendus chaque jour dans les boutiques à travers le monde. Outre quelques partenariats particulièrement fructueux – entre autres avec Disney -, Pandora lance sept nouvelles collections par an. À l’instar des marques de prêt-à-porter, ce renouvellement permet d’éviter les stocks et de toujours proposer de nouveaux produits. La stratégie marketing semble être au cœur de son succès. Arrivée en France en 2011, Pandora a ainsi réussi en seulement quelques années à imposer ses bijoux en argent dans un pays où la référence en joaillerie est l’or jaune. Une gageure. À Paris comme ailleurs, le charm semble opérer !