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Triple bonheur

Entretien avec la championne de tennis Li Na

TEXTE : JÖRG HEUER / PHOTOS : GEORGI GRANCHAROV

Li Na, ancienne championne de tennis, est une superstar en Chine. Au volant du GLC, elle découvre avec nous Chongqing, une mégapole fascinante en plein boom !

Une icône en Chine

Li Na apparaît, souriante, à la fenêtre du 54e étage du Westin Hotel, situé en plein cœur de Chongqing. Elle revient de vacances en famille sur l’île tropicale de Hainan et a aujourd’hui un double rendez-vous : avec Chongqing ainsi qu’avec un GLC bleu brillant. Cette sportive de 36 ans a été numéro deux mondial du tennis féminin ; elle a remporté l’Open de France en 2011 et l’Open d’Australie en 2014. Le magazine Time l’a citée dans sa liste des 100 femmes les plus influentes du monde, car elle a rendu le sport populaire dans toute l’Asie. Un film racontant son ascension jusqu’au statut d’icône du tennis est en cours de préparation. Et elle est depuis longtemps déjà une superstar en Chine.

 

Silicon Valley chinoise

Curieuse, Li Na fait le tour de la voiture tout juste sortie de l’usine, qui existera bientôt en version longue en Chine. Avant de s’installer, elle retire ses chaussures à talons et enfile des chaussures avec lesquelles elle peut conduire en toute sécurité. Chongqing, la gigantesque métropole au confluent du fleuve Yangzi Jiang et de la rivière Jialing, abrite 38 millions d’habitants et s’étend sur une superficie égale à celle de l’Autriche. Il s’agit de la région la plus densément peuplée du monde. Au cœur de la Chine, sur l’ancienne route de la soie, le taux de croissance annuel de Chongqing est de plus de 10 %, ce qui en fait le plus puissant moteur économique du pays. La Silicon Valley chinoise est née ici. On y construit plus de voitures que nulle part ailleurs – plus de 3 millions rien qu’en 2016. Et un ordinateur portable sur deux vendu dans le monde provient de cette ville en plein boom, qui accueille 6 000 habitants de plus chaque jour.

Le meilleur sinon rien

Cette zone économique spéciale, élevée il y a plus de vingt ans au rang de province, n’est en fait pas une seule ville à la skyline imposante : elle est composée de sept villes qui, en Europe, seraient considérées chacune comme des métropoles. S’ajoutent à cela des milliers de ponts, des centaines de milliers de restaurants et d’innombrables parcs plantés de palmiers. « C’est un bon décor ! », déclare Li Na tout en regardant le SUV. « Je crois que la ville, la voiture et moi avons quelques points communs : puissance, énergie et une attitude plutôt cool, enfin j’espère ! » Depuis quand Li Na est-elle ambassadrice Mercedes-Benz ? « Depuis 2011, quand j’ai gagné mon premier Grand Chelem », répond-elle en buvant une gorgée d’eau. « J’ai bien aimé le slogan “Le meilleur sinon rien”. Être la meilleure était aussi ma devise et j’y suis presque arrivée, avant d’avoir la malchance de me blesser. » Elle parle de son genou droit, à cause duquel elle a dû mettre un terme à sa carrière à l’âge de 32 ans.

Agassi en modèle

Pendant le trajet vers Hongyadong, le quartier traditionnel de la ville, Li Na raconte qu’elle ne joue presque plus au tennis. La compétition ne lui manque absolument pas. Ni la pression pour être en permanence la meilleure. Qu’est-ce qu’elle ressentait quand le cœur de plus de 100 millions de Chinois, regard vissé sur leur téléviseur, battait avec le sien ? L’ancienne championne gare le GLC à l’aide de la caméra de recul. « Oh ! », répond-t-elle, « je faisais tout simplement mon travail… » Les réponses de Li Na sont, aujourd’hui comme hier, toujours saupoudrées d’une pincée d’ironie. Ce n’est pas un hasard si l’Américain Andre Agassi, avec ses vêtements colorés et sa crinière, fut son premier modèle : « Il sortait du lot par rapport aux autres joueurs », explique-t-elle. C’est grâce à lui qu’enfant, elle a appris qu’on pouvait faire preuve de caractère et que, au tennis, l’attaque est la meilleure défense.

 

Une croissance fulgurante

La circulation dans les rues très bien conçues de la gigantesque ville s’arrête parfois mais reste plutôt fluide. De nombreuses voitures roulent sans plaque d’immatriculation. Typique de Chongqing, nous explique-t-on : les autorités arrivent à peine à suivre les nouvelles immatriculations… Le nombre de voitures en Chine connaît une croissance fulgurante, bien que seulement 60 à 70 habitants sur 1 000 possèdent leur propre véhicule. À titre de comparaison, en Allemagne ou aux États-Unis, ce chiffre est de 700 sur 1 000. « Nous nous rattrapons. Comme dans de nombreux sports », commente Li Na, de bonne humeur, au volant du GLC. Elle repousse quelques mèches sur son front. Elle s’arrête de temps en temps pour prendre elle-même quelques photos avec son smartphone. « Pour la famille », sourit-elle.

Une ville bouillonnante

Quand Li Na était joueuse de tennis, elle a parcouru le monde entier. Ses lieux préférés hors de Chine ? « Les petites villes », répond-elle avec un regard espiègle. « Londres, Paris, Berlin. Toutes les villes européennes sont petites pour nous. Elles sont vieilles, calmes, harmonieuses. Chongqing, à l’inverse, est une ville bouillonnante, qui vit à toute vitesse, qui est toujours en mouvement. Ici, je ressens une bonne énergie, que je connais bien. » Le trajet de l’opéra de Chongqing au quartier branché d’Eling Er Chang prend un peu de temps, mais ça en vaut la peine. Artistes, cafés, food-trucks, jeunes femmes s’abritant du soleil sous des parapluies créent le décor de la rue. Juste là où se dressaient autrefois de gigantesques usines qui imprimaient journaux et billets de banque. L’après-midi, Li Na retourne auprès de sa famille. Qu’a-t-elle pensé de la visite ? « J’aime l’esprit de la ville », conclu-t-elle. « Chongqing a tellement de facettes à découvrir. » Le GLC reçoit une tape sur la poupe, elle me serre la main et m’adresse un large sourire. « C’était un vrai plaisir ! »