Evasion

Les trésors de la Nationale 7

De Tain-l’Hermitage à La Charité-sur-Loire

TEXTE : MAXIME SCHOUPPE / PHOTOS : GILLES LEIMDORFER

Nous continuons notre road trip en GLC 4MATIC Coupé le long de la Nationale 7, ancienne route des vacances par excellence des Français, jusqu’à ce qu’elle soit évincée par l’Autoroute du Soleil. Le nougat de Montélimar, en fin de première partie, nous avait mis l’eau à la bouche et nous continuons sur cette lancée. Les étapes de cette deuxième partie de notre itinéraire reliant Menton à Paris seront principalement gourmandes et luxueuses, sans oublier les pauses culturelles.

Merveilles d’ingénierie et vins d’exception

Notre point de départ, Tain-l’Hermitage, a une histoire remontant à l’antiquité, comme nombre de villes longeant la via Agrippa, lointaine ancêtre romaine de la route nationale 7. Son monument le plus ancien date du deuxième siècle de notre ère : le Taurobole, un autel où les Romains avaient coutume de sacrifier un taureau pour rendre les dieux bienveillants.

À l’autre bout de son histoire, Tain-l’Hermitage peut aussi se targuer d’avoir accueilli en 1825 le premier grand pont suspendu au monde, le pont Marc-Seguin. Cet ouvrage d’art remarquable se conjugue au passé, car il a été détruit en 1965. Il ne subsiste que la passerelle du même nom, plus large et plus élevée, que le célèbre inventeur et ingénieur français Marc Seguin (1786-1875) avait construite un quart de siècle plus tard à côté du pont originel.

Classée monument historique en 1985, elle n’est plus accessible qu’aux piétons et aux cyclistes. Aujourd’hui, ce sont surtout ses cultures vinicoles et fruitières qui font la réputation du bourg : implantés sur un coteau du Rhône à l’abri des vents froids, les vignobles tainois bénéficient d’une exposition remarquable. À déguster au Salon des vins des Côtes-Du-Rhône septentrionales, chaque dernier week-end de février, ou, en été, durant une balade de dégustation dans le Petit train des vignes de l’Hermitage.

Au cœur de la Capitale des Gaules

Notre prochain arrêt est Lyon. Pôle culturel, commercial et industriel, la troisième ville de France est au cœur d’une métropole de près de 1,5 million d’habitants. Capitale des Gaules à l’époque romaine, plaque tournante du commerce européen à la Renaissance, centre industriel au XIXe siècle, la ville est aussi le berceau de deux formes artistiques presque antinomiques : le théâtre de Guignol et le cinéma des frères Lumière. Aujourd’hui, la métropole lyonnaise mise sur les technologies de pointe et l’éducation, avec ses quatre universités et ses dizaines de grandes écoles. Cette histoire fascinante se lit comme un roman dans le patrimoine urbain d’une rare richesse, qui se découvre de préférence à pied. Celui-ci va des vestiges de théâtres romains sur la colline de Fourvière à l’architecture contemporaine de la gare TGV de Calatrava, en passant par la cathédrale médiévale et les innombrables traboules, ces ruelles piétonnes cachées. Sans oublier bien sûr les édifices canuts construits sur les pentes de la Croix-Rousse, comme la maison Brunet.

 

Un patrimoine architectural hors du commun

La Croix-Rousse est d’ailleurs devenue un haut lieu du street art, avec plusieurs murs peints à ne pas manquer, notamment les fameux « Mur peint des Canuts » et « Mur peint des Lyonnais célèbres ». En contrebas de ce quartier plutôt « bobo », s’étend le Vieux Lyon : la célèbre place des Terreaux, que flanquent le musée des Beaux-Arts et l’Hôtel de Ville, avec dans son dos l’« Opéra Nouvel », et l’immense place Bellecour. La colline de Fourvière, pour sa part, offre de superbes points de vue sur la ville et sur la Saône : depuis la terrasse de la basilique, mais surtout depuis le parc des Hauteurs. L’autre grand parc de Lyon est celui de la Tête d’or, avec son jardin botanique, dans le sixième arrondissement plus « huppé », regorgeant d’architecture haussmannienne. Les amateurs d’architecture contemporaine ne manqueront pas de faire un détour par La Confluence, le nouveau quartier en développement dans la partie méridionale de la Presqu’île : les logements et les immeubles de bureaux ont été conçus par les meilleurs architectes internationaux. Et surtout, le musée des Confluences d’un style déconstructiviste dessiné par la célèbre agence viennoise Coop Himmelb(l)au.

Paradis des gourmets

Enfin, pour la bonne bouche, terminons par la réputation de Lyon comme capitale mondiale de la gastronomie. Celle-ci a reçu ses lettres de noblesse grâce à la renommée internationale du regretté Paul Bocuse (dont l’Auberge du Pont de Collonges – trois étoiles Michelin depuis 1965 ! – est d’ailleurs située juste au nord de Lyon), mais également grâce aux plats traditionnels locaux. Le tablier de sapeur, les grattons, la rosette de Lyon ou le jésus (en entrée) ; les quenelles de brochet, les pommes dauphine, le poulet Célestine ou le gratin de cardons (en plat principal) ; la pogne, la tarte à la praline, les coussins de pâte d’amande, les bugnes et la papillote (au dessert) – ce ne sont que quelques-uns des mets dont les seuls noms suffisent à mettre l’eau à la bouche. On les trouvera sans faute sur la carte des « bouchons », ces restaurants authentiquement lyonnais qui jalonnent notamment la célèbre rue Mercière.

 

Les Troisgros, monument de la gastronomie

Au volant de notre GLC 4MATIC Coupé, nous faisons route vers Roanne, petite ville industrielle devenue mondialement célèbre grâce à la proximité du restaurant des « frères Jean et Pierre Troisgros », deux des pères fondateurs de la « nouvelle cuisine ». Poussés derrière les fourneaux par leur père Jean-Baptiste qui avait quitté en 1930 son café de Chalon-sur-Saône pour ouvrir un restaurant au bord de la Nationale 7, les deux frères obtiennent leur première étoile Michelin en 1956, la deuxième en 1965 et la troisième en 1968, qui n’a jamais été retirée depuis. En 1995, Michel Troisgros, le fils de Pierre, prend les rênes de l’entreprise et la transforme en Maison Troisgros en ouvrant Le Central dans un ancien hôtel voisin. Ce « café-restaurant-épicerie » est un retour aux sources de l’enseigne Troisgros, avec une table plus simple, mais inventive et de grande qualité, et un témoin de la passion du voyage du chef, qui y commercialise des ingrédients rencontrés lors de ses voyages aux quatre coins du monde. En 2008, Michel et sa femme Marie-Pierre offrent à leur clientèle un bol d’air frais en ouvrant la Colline du Colombier. Juché sur les bords de la Loire, ce lieu propose un séjour en gîte (ou dans une des trois « cadoles », agrémenté d’une cuisine d’auberge qui réinterprète les grands classiques dans l’esprit Troisgros.

Tradition, modernité et écologie

Ce retour à la nature conduira aussi au transfert du restaurant étoilé à Ouches, dans un écrin de verdure situé à moins de dix minutes en voiture de la gare de Roanne. C’est là que, depuis fin 2017, Michel accueille avec son fils aîné César les clients dans « Le bois sans feuilles », une salle reflétant sa passion de l’art contemporain et sa sensibilité au respect de la nature. Après l’école hôtelière, César travaille chez d’autres chefs qui, eux aussi, lui inoculent la passion de la grande cuisine. Il revient au bercail à l’issue d’un « grand tour » qui lui a notamment fait découvrir la Californie : « C’est tout d’abord un climat privilégié avec des produits exceptionnels toute l’année. C’est aussi une cuisine métissée avec des éléments américains, asiatiques et une forte influence italienne. Aujourd’hui, je retranscris quelques aspects de cette aventure dans ma cuisine. » Selon lui, la « griffe » Troisgros, « C’est un mélange de modernité et de tradition. Chaque jour nous nous demandons comment remettre en question cet énorme patrimoine culinaire. C’est aussi une approche simple, vive et très familiale : nous accueillons les gens dans notre maison et nous faisons tout pour qu’ils se sentent chez eux. » C’est encore une cuisine engagée en faveur d’un retour à la nature et du respect de l’environnement, comme en témoigne l’implantation dans un environnement campagnard et le choix des produits : le domaine de 17 hectares se compose de jardins, de prairies, de bois, d’un étang, d’un potager et d’un verger. « C’est aussi un combat aux côtés des maraîchers », explique César. « Nous aspirons à autre chose, et les clients aussi. Nous avons le devoir de montrer l’exemple. »

 

Sur les traces de Coco Chanel

Rassérénés, nous remontons en direction de Moulins pour aller admirer le Grand Café. Construit en 1898 dans un style mi-Rocaille, mi-Art nouveau, cet établissement qui passe pour être un des plus beaux cafés de France a été inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 1978. C’est au milieu de ses grandes glaces murales, de ses pilastres en stuc agrémentés de guirlandes de feuillage, de ses ferronneries, de son grand lustre de bronze et de sa fresque allégorique au plafond que Gabrielle Chasnel, une couturière d’une mercerie voisine, commença en 1907 à se faire connaître des cercles bourgeois de la ville de province. Elle serait bientôt mondialement connue sous le nom de Coco Chanel !

Formule 1 et monastère

À l’approche de Nevers, notre GLC 4MATIC Coupé se met soudain à vrombir avec enthousiasme. Nous ne tardons pas à en comprendre la cause : nous arrivons à proximité du circuit de Magny-Cours. Réputé pour sa rapidité, ce tracé a accueilli le Grand Prix de France de Formule 1 de 1991 à 2008. Dix ans après la dernière course de F1, les bâtiments ont fait peau neuve, tandis que la piste Grand-Prix de 4 411 mètres accueille de nombreuses épreuves automobiles et motocyclistes, des journées de roulage auto et moto, ainsi que des essais techniques et des opérations commerciales de constructeurs. La piste du Circuit Club est dédiée à l’apprentissage du pilotage auto et moto sur circuit, tandis qu’un récent parc Off-Road permet de mettre à l’épreuve les SUV, Crossover et autres 4X4.  Enfin, nous terminons par un dernier arrêt à La Charité-sur-Loire. Son monumental prieuré Notre-Dame, fille aînée de l’abbaye de Cluny, et son église classée au patrimoine de l’Unesco sont l’endroit idéal pour se remettre de ces aventures décoiffantes et prendre un peu de repos, avant la troisième et dernière partie de ce road trip, qui nous mènera jusqu’à Paris.