Sport

Joachim Löw

Le feu intérieur

PROPOS RECUEILLIS PAR : RÜDIGER BARTH / PHOTOS : NEUMANN UND RODTMANN

Le sélectionneur de l’équipe allemande de football, Joachim Löw, veut encore améliorer le niveau des champions du monde. Est-ce seulement possible ? Rencontre.

Vous dites ne pas vouloir défendre le titre de Champion du monde mais le gagner. Il y a une nuance. Dans quel état d’esprit une équipe doit-elle être pour devenir championne du monde selon vous ?

JOACHIM LÖW : Elle a avant tout besoin d’une force psychologique énorme. Lorsque l’on se compare aux meilleurs parmi les meilleurs, il faut se préparer à affronter des obstacles incroyables. De nombreuses victoires ne tiennent qu’à un fil, une seule et unique faute peut entraîner la fin. Voilà pourquoi notre travail ne commence pas quelques jours ou quelques semaines avant une compétition mais nous occupe en permanence.

 

Vous avez en tout recruté 94 nouveaux en sélection nationale. Combien de temps vous faut-il pour savoir si un jeune joueur fera partie des meilleurs ?

JOACHIM LÖW : Tout d’abord, j’aime bien expérimenter. Si cela fonctionne, c’est bien. Sinon, on laisse tomber. On peut évaluer le talent d’un jeune de 20 ans et sa volonté. Mais il est difficile de prévoir comment il va évoluer. Après de bons matchs, les joueurs subissent énormément de pressions. Ils deviennent célèbres, tout le monde veut obtenir quelque chose d’eux, ils reçoivent de nouveaux contrats alors qu’avant ils n’avaient qu’à se concentrer sur le football. Certains joueurs sombrent à ce moment-là. Nos critères sont élevés, on ne peut viser plus haut : voilà pourquoi nous nous orientons toujours vers les meilleurs. Les meilleurs se distinguent par leur éternelle volonté d’apprendre.

L’expression « Le meilleur ne reste jamais » est-elle vraie ?

JOACHIM LÖW : Absolument. Pour moi, il est important de voir si un joueur est prêt à aller de l’avant, s’il relève des défis ou s’il se contente du minimum syndical. Nombre de jeunes joueurs sont très professionnels. Ils sont très consciencieux au sujet de leurs propres performances. Et ce, toute la journée. Sept jours par semaine. 360 jours par an. Les joueurs d’aujourd’hui apprennent mieux que la génération d’avant. La génération qui vient est réceptive et curieuse, elle remet tout en question. Que pouvons-nous faire d’autre ? Que pouvons-nous tester ? Elle met aussi très rapidement en pratique, ce qui est important.

 

Qui sera votre adversaire le plus redoutable pour la Coupe du monde en Russie ?

JOACHIM LÖW : L’Argentine a Lionel Messi et une équipe de grande qualité. La France a également énormément évolué au cours des quatre ou cinq dernières années avec des joueurs rapides, jeunes, très forts physiquement, mais aussi techniquement. J’ai toujours aussi une haute estime pour l’Espagne. Et l’Angleterre est en train de construire quelque chose, il suffit de voir les titres obtenus par l’équipe junior.

 

Les Bleus en forme

Cet été, l’équipe de France participera en Russie à sa sixième Coupe du monde consécutive. Quart de finaliste au Brésil en 2014, les Français toujours emmenés par le sélectionneur Didier Deschamps sont plus que motivés.

Cette Coupe du monde, c’est la leur ! Les Bleus ont obtenu leur qualification en décrochant la première place de leur groupe devant la Suède. Leurs ambitions sont légitimes au regard d’un groupe arrivé à maturité et désireux de briller.

Pour cette nouvelle génération de joueurs, porter le maillot national est un honneur et une fierté. Attaquants, défenseurs, gardien, … les 23 sélectionnés donneront à coup sûr leur maximum sur les pelouses russes pour aller le plus loin possible dans la compétition.

Pile vingt ans après le précédent exploit français, récupérer le trophée semble donc définitivement à notre portée… Rendez-vous le 16 juin pour le premier match contre l’Australie.

Allez les Bleus !