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She’s a mentor : Melinda Gates

« Peut-être que je montre le meilleur de moi quand je parle de mes doutes et de mes angoisses »

PHOTOS : R.V/JASON BELL, D.R.

Dans le cadre de la Bill & Melinda Gates Foundation, Melinda Gates s’engage dans le monde entier pour soutenir les plus défavorisés. Elle fait partie des femmes les plus influentes de notre époque... et assume totalement ses faiblesses.

J’ai fait partie de groupes de femmes toute ma vie, bien que parfois je ne m’en sois aperçu qu’après coup. Mon lycée de filles était en fait un grand groupe féminin. Lors de mes études supérieures, j’ai recherché la compagnie de femmes que j’admirais, particulièrement quand nous étions peu nombreuses. En tant qu’adulte, j’ai entretenu des liens avec des femmes dans tous les domaines de ma vie : professionnelle, personnelle, spirituelle. J’ai toujours entretenu des amitiés importantes avec beaucoup d’hommes, qui ont été indispensables à mon bonheur. Mais c’est vers mes amies que je me tourne, surtout en groupe, quand je suis confrontée à mes peurs et que j’ai besoin d’amitié pour m’aider à les surmonter. Elles m’ont accompagnée dans tous les passages délicats de la vie dont je suis sortie grandie. Je pense que les groupes de femmes sont essentiels à titre individuel, mais aussi plus généralement pour la société, parce que le progrès dépend de l’inclusion, et l’inclusion commence par les femmes. […]

La société approuve surtout les femmes qui ne demandent pas grand-chose, qui doutent d’elles-mêmes, ne recherchent pas le pouvoir, ne parlent pas trop fort et veulent bien faire les choses. Ces attentes liées au genre féminin ont eu un certain effet sur moi et sur beaucoup de femmes que je connais, parce qu’elles cultivent des qualités qui mènent au perfectionnisme (cette tentative de compenser un sentiment d’infériorité par un comportement irréprochable). Je suis bien placée pour le savoir : le perfectionnisme a toujours été une de mes faiblesses. […] En fin de compte, pour moi, le perfectionnisme revient à cacher qui je suis. Je me déguise pour que les gens que je souhaite impressionner ne repartent pas avec l’idée que je ne suis pas aussi intelligente ou intéressante qu’ils croyaient. Cela vient du besoin irrépressible de ne pas décevoir les autres. […]

Peut-être que je montre justement le meilleur de moi-même quand je parle ouvertement de mes doutes et de mes angoisses, quand j’admets mes erreurs, quand j’avoue avoir le cafard. Alors les gens peuvent se sentir plus à l’aise par rapport à leurs propres failles ; c’est une culture dans laquelle il est plus facile de vivre. […] Je souhaite créer un environnement de travail où tout le monde puisse se présenter sous son jour le plus humain et le plus authentique ; où tout le monde respecte les bizarreries et les défauts inévitables de chacun, afin que nous fassions l’économie de toute cette énergie gaspillée à rechercher la « perfection » et que nous l’investissions dans la créativité dont nous avons besoin pour notre travail. C’est une culture où nous nous libérons d’impossibles fardeaux pour tirer tout le monde vers le haut.

Les passages ci-dessus sont tirés du livre Prendre son envol (Michel Lafon) de Melinda Gates. Elle y décrit comment nous pouvons changer le monde en défendant les droits des femmes. Elle relate ses rencontres avec des femmes du monde entier, sa carrière dans le secteur de l’informatique et la façon dont elle est parvenue à développer une relation égalitaire avec son époux, Bill Gates.